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1. Les Dieux de l' Olympe

(French)

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Cette série de livres est une réédition particulière de la Mythologie Grecque des frères Stéphanidès qui a connu un succès mondial. Le lecteur pourra, à travers elle, se délecter de toute la magie de la Mythologie Grecque, faire un voyage de rêve en pénétrant jusqu’aux confins d’une époque qui remonte à plus de 3.000 ans, et encore, stimulé par la philosophie réaliste de l’auteur parcourant le texte, philosopher lui-même.

1. Les Dieux de l' Olympe

(French)

 

Retold by Menelaos Stephanides
with 31 pencil drawings by Yannis Stephanides
Translation: Armelle Vigy
256 pages, paperback, pocket size 16,5 x 11,5 cm

Ages: 12 and up

ISBN-10: 9604250574, ISBN-13: 9789604250578

 

LA CREATION DU MONDE

 

Tout commence par le Chaos

Ce récit fabuleux, qui ne ressemble à aucun autre, commence à une époque très très lointaine comme jamais conte, jamais histoire n’a commencé. Si nous voulons la prendre, cette histoire, à ses tout débuts, nous devons remonter le temps en un nombre infini d’années, de siècles et aller toujours plus avant, en quête de l’origine, l’origine du temps qui n’existe pas...

 

En cette ère donc, si reculée, vivait depuis toujours un dieu nommé Chaos. Ce dieu vivait seul, dans la plus complète désolation. Il n’y avait alors ni soleil, ni lumière, ni terre, ni ciel. Tout n’était que Chaos, profondes ténèbres et extrême infini.

 

Ainsi s’écoulèrent d’innombrables siècles jusqu’au moment où notre dieu, las de sa solitude, eut l’idée de la création du monde.

 

Tout commença lorsqu’il donna naissance à Gaia, la déesse Terre, une déesse des plus belles, pleine de force et de vie, qui grandit, se déploya, embrassa d’immenses étendues et devint la base du monde.

 

Puis Chaos engendra l’effroyable Tartare, la Nuit noire et aussitôt après, le Jour tout de beauté et de lumière.

 

Le royaume du Tartare se situait dans les très profondes et sombres entrailles de la terre. Il était aussi profondément enfoncé en elle que le Chaos lui, en était élevé. Si on avait lâché une enclume en fer des hauteurs du Chaos, elle serait tombée pendant neuf jours et neuf nuits et ce n’est qu’à l’aube du dixième jour qu’elle aurait atteint la terre. Si, de même, elle était tombée de la terre jusqu’au Tartare, sa chute aurait duré encore neuf jours et neuf nuits avant d’en toucher le fond à l’aube du dixième jour. Le Tartare était à ce point enfoui dans la terre, c’est pourquoi les ténèbres y étaient si noires et si épaisses. Mais il était aussi immensément grand. Si tu y avais pénétré, tu te serais vu obligé de marcher indéfiniment, emporté par des tourbillons de vent infernaux et une année ne t’aurait toujours pas suffi à en atteindre le bout.

 

Au coeur de cet endroit terrifiant, redouté même des dieux immortels, s’élevait le sombre palais de Nyx, la Nuit, éternellement enveloppé de nuages noirs. C’est là que la Nuit passait ses journées et quand venait le crépuscule, elle sortait et s’étendait sur la terre.

 

Terre et Ciel, le premier couple divin

Après Chaos ce fut au tour de la Terre, Gaia, d’aider à la création du monde et, souhaitant commencer par quelque chose de beau, elle engendra Amour, la déesse qui donnait au monde la beauté de la vie. Puis elle enfanta le Ciel d’un bleu infini, les Montagnes et la Mer, tous des dieux très puissants. Le Ciel cependant, le grand Ouranos, était le plus fort. Ainsi la déesse Terre, mère universelle, se parait-elle et se réjouissait-elle de la création du monde.

 

Désormais, le dieu le plus important de l’univers était Ouranos qui enveloppa la Terre et la voila d’un bout à l’autre de son bleu d’azur. Il siégeait sur un trône d’or majestueux, posé sur des nuages de toutes couleurs d’où il gouvernait le monde et les dieux.

 

Le Ciel épousa la déesse Terre et, ensemble, ils donnèrent le jour à de nombreuses divinités. Douze d’entre elles n’étaient autres que les Titans – six hommes et six femmes. Ils étaient gigantesques et d’une force sans pareille. L’un d’eux surtout, Océan, était tellement colossal qu’il embrassait toute la Terre. Il eut d’innombrables descendants et tous les fleuves du monde comptaient parmi ses enfants. Il avait trois mille filles, les Océanides, déesses des sources et des cours d’eau.

 

D’un autre titan, Hypérion, et de son union avec sa soeur, la titanide Théia, naquirent trois dieux superbes : Hélios, le resplendissant Soleil, Eos, l’Aurore aux doigts de rose et Séléné, la Lune au disque d’argent.

 

Le cadet des Titans était le perfide et ambitieux Cronos mais nous parlerons de lui abondamment, un peu plus loin.

 

Parmi les autres enfants du Ciel et de la Terre il y avait les très irascibles Cyclopes, dieux géants dotés d’un seul œil au milieu du front. Ils détenaient le feu et étaient maîtres de la foudre et des éclairs. Ils habitaient dans les hautes montagnes. Au sommet de l’une d’entre elles ils gardaient un feu toujours allumé, un énorme volcan qu’ils utilisaient pour forger armes et panoplies. Les Cyclopes étaient d’une force prodigieuse et quand ils erraient dans leurs hauteurs montagneuses, éclairs et tonnerre ébranlaient la terre, faisant trembler le monde entier sur leur passage.

 

Mais les enfants les plus terribles du Ciel et de la Terre restaient les trois géants Hécatonchires, les plus grands de tous. Ils avaient cent bras chacun et leur force était telle qu’ils pouvaient jeter des rochers gros comme des montagnes capables de secouer la terre toute entière.

 

Les dieux étaient à présent très nombreux sous l’autorité d’Ouranos qui continuait à dominer le monde et à en régler le bon fonctionnement. Sa puissance était considérable, sa volonté faisait loi et tous obéissaient à ses ordres. Les années passées sous son règne étaient des années heureuses où n’existait ni la mort, ni la méchanceté, ni la haine.

 

Malheureusement, tout a une fin.

 

Un beau jour, il se mit très en colère contre ses enfants, les Titans et les Hécatonchires, qui s’étaient mal conduits envers lui et décida de les punir sévèrement. La Terre alors, voyant son courroux, s’agenouilla devant lui et le pria de leur pardonner.

 

– Mon maître et seigneur de l’univers, lui dit-elle, je t’en supplie, pardonne à nos enfants et ne provoque pas la ruine de la famille des dieux.

 

Mais la colère du Ciel était irrépressible.

 

– Mère des dieux, lui dit-il, lorsque les enfants cessent de respecter leur père, ils doivent disparaître de la face du monde. S’ils restent impunis, non seulement ils se retourneront contre moi mais ils seront aussi capables de me détrôner.

 

Tout en disant cela, il ouvrit la terre et précipita les Titans et les géants aux cent bras dans le très profond et obscur Tartare, là où il n’y avait ni lumière du jour, ni reflet de la nuit mais où tout n’était que noir et épaisses ténèbres sans fin.

 

Cronos, maître du monde

La Terre, elle, soupirait douloureusement de voir ses enfants, les Titans, pris dans ses entrailles. C’est alors qu’elle eut l’idée de les inciter à s’insurger. Elle alla donc les trouver et leur dit :

 

– Pauvre de moi si je dois vivre dans l’éternité alors que mes enfants sont enfermés dans le ténébreux Tartare. Lequel d’entre vous est assez téméraire pour devenir le maître des dieux? Votre père a régné suffisamment longtemps, c’est au tour de quelqu’un d’autre maintenant.

 

Les Titans, et même les Hécatonchires, baissèrent la tête. Le Ciel était d’une puissance redoutable et cent fois plus terrible quand il était furieux. Malgré cela, l’un d’entre eux éclata de joie. C’était Cronos qui, de tout temps, mourait d’envie de devenir le seigneur de l’univers. Il savait que leur père n’avait pas tort de les avoir jetés au Tartare. Mais maintenant, son tour était venu...

 

Avec l’aide de sa mère, Cronos passa de sa sombre prison à la lumineuse création. Inaccoutumés à l’éclat de la lumière, ses yeux furent si fortement éblouis qu’ils ne purent rien distinguer de ce monde radieux qui s’offrait à eux. Très vite cependant, ils s’habituèrent et Cronos put voir la terre splendide avec ses hautes montagnes, ses vastes océans si bleus, le ciel infini, resplendissant de lumière et sentir sur son corps la douce et chaude caresse du soleil.

 

– Gaia, ma mère, merci de m’avoir permis de revoir ce monde suprême, ce monde qui va m’appartenir. Et maintenant, je te salue. Je sais ce que j’ai à faire dorénavant.

 

Sur ces paroles, Cronos disparut de la vue de sa mère. Après avoir fabriqué une longue faucille, il s’enveloppa d’un nuage et s’élança très haut dans le ciel, à l’affût du moment opportun... L’occasion se présenta comme il l’espérait. Il trouva Ouranos endormi... Traîtreusement, en l’espace d’un instant, c’en était fait. Il frappa son père, le blessa gravement et le rendit incapable aussi bien de gouverner le monde que d’avoir d’autres enfants.

 

– Mon succès est double, pensa Cronos, car je n’ai plus rien à craindre d’Ouranos. Il eut à peine le temps d’arriver au bout de sa pensée que la voix de son père retentit tel un profond rugissement tandis que toute la création se couvrait, que foudres et éclairs ébranlaient l’univers.

 

– Maudit sois-tu, enfant de malheur! Que ta progéniture te fasse subir ce que tu as fait subir à ton propre père...

 

N’importe qui aurait été terrifié au reçu d’une telle malédiction mais Cronos n’y prêta pas la moindre attention. Il était si content de sa réussite qu’aucun mauvais augure ne pouvait l’assombrir. Il sortit les autres Titans du Tartare afin de consolider son autorité et d’acquérir ainsi une plus grande assurance. Par contre, il y laissa enfermés les Hécatonchires, ces géants aux cent bras dont la force l’effrayait alors qu’il connaissait bien les Titans et savait qu’il pourrait toujours les utiliser à son profit. Pourtant, l’un d’eux, le titan Océan, n’accepta pas de soutenir Cronos. Il trouvait tellement ignoble, de la part d’un fils, de frapper son père et de lui voler son trône qu’il ne voulait en aucune manière se faire son complice. Il se retira donc à l’autre bout du monde et vécut tranquillement, sans vouloir quoi que ce soit du pouvoir illégal de son frère.

 

Le pire, cependant, c’est que cette infamie fut à l’origine de tous les grands maux de l’univers. La déesse Nuit, pour le punir, engendra une foule de terribles divinités comme la Mort, la Tromperie, la Discorde, le Cauchemar, Némésis la « Vengeance divine » et bien d’autres encore. Cronos régnait désormais, du haut du trône de son père, sur un monde envahi par la peur, la malhonnêteté, la haine, l’angoisse, la vengeance et les guerres. Dès lors, et pour toujours, mortels et immortels allaient payer pour la faute de Cronos.

 

Le tout puissant dieu qu’il était, fut lui-même gagné par une profonde inquiétude. Il n’était plus sûr de garder le pouvoir à tout jamais. Il pensait maintenant, avec effroi, à la malédiction paternelle et craignait que ses propres enfants ne se soulèvent contre lui, tout comme il l’avait fait contre son père.

 

Il prit alors une terrible décision en donnant l’ordre à sa femme Rhéa de lui apporter chaque nouveau-né qu’elle mettrait au monde afin de l’avaler sur-le-champ. C’est ainsi qu’il engloutit cinq enfants à qui Rhéa venait de donner la vie : Héra, Déméter, Hestia, Hadès et Poséidon.

 

La naissance de Zeus

Quand elle attendit un nouvel enfant, Rhéa fut prise de désespoir. Elle ne savait que faire pour le sauver. Elle courut alors chez ses parents, Ouranos et Gaia, qui lui conseillèrent d’aller enfanter en Crète, dans une grotte de la montagne Dicté, parfaitement dissimulée au coeur d’une forêt épaisse. C’est dans cette grotte sacrée que Rhéa mit son enfant au monde puis elle le confia aux nymphes et aux néréides de la forêt qui l’avaient assistée lors de son accouchement. Ensuite, elle rentra en cachette au palais de Cronos et se mit à crier comme si les douleurs de l’enfantement venaient de commencer.

 

Le terrible Cronos crut vraiment que sa femme était sur le point d’accoucher et ne manqua pas de lui renouveler son ordre avec ces paroles impitoyables :

 

– Femme, dépêche-toi d’en finir car je ne supporte pas les cris et apporte-moi l’enfant tout de suite, dit-il en sortant de la chambre de Rhéa.

 

Dès que Cronos eut disparu, elle prit une pierre qu’elle emmaillota pour la camoufler puis la lui donna à la place de son bébé. Cronos, qui ne s’aperçut de rien, avala la pierre, satisfait.

 

L’enfant qui venait d’être sauvé n’était autre que Zeus, le futur maître de l’Olympe.

 

ZEUS

 

Zeus grandit en Crète

En ces années difficiles du règne de Cronos, lorsque apparurent tous les maux de l’univers, la venue au monde de Zeus ressemblait à l’espoir qui renaît, et son salut, aux tout premiers signes du combat pour un monde meilleur.

 

Toutes les divinités de Crète accoururent auprès de ce nouveau-né qui vit le jour dans la grotte de la montagne Dicté, pour le protéger, comme si quelque chose leur disait que de lui dépendait la libération du monde.

 

C’est avec une tendresse toute particulière que les nymphes des bois entouraient le jeune dieu. Elles mirent le bébé dans un berceau d’or où il s’endormait au son des berceuses qu’elles lui chantaient.

 

Toutefois, une crainte persistait : celle que son père Cronos ne l’entendît pleurer. C’est pourquoi les Curètes, accompagnés d’autres guerriers, frappaient leurs boucliers de leurs épées, faisant un tel vacarme qu’il couvrait les pleurs de l’enfant et qu’il devenait impossible à ce père cruel de les entendre.

 

Les animaux de la forêt, eux aussi, aimaient beaucoup le petit dieu et l’aidaient de mille manières ; jusqu’aux abeilles qui manifestaient leur affection pour le jeune Zeus en lui apportant chaque matin leur miel sucré.

 

Mais c’est Amalthée, la chèvre sacrée, qui lui prêta la plus précieuse assistance. Elle aimait le jeune dieu comme son propre enfant. Elle lui donnait son lait et lui prodiguait une affection et une tendresse toute maternelle. Elle veillait sur lui quand il jouait et jamais ne s’en éloignait.

 

Zeus aimait beaucoup Amalthée. Sa plus grande joie était de s’amuser avec elle et de grimper sur son dos ce qu’elle acceptait toujours patiemment et de bon coeur.

 

Un beau jour pourtant, alors qu’il jouait, il l’empoigna solidement par l’une de ses cornes mais le petit dieu ne connaissait pas sa force et la corne se déracina. Alors très contrariée, Amalthée le regarda d’un air grondeur. Doublement affligé, le jeune Zeus la supplia de ne pas s’inquiéter et lui promit que cette corne deviendrait la corne de l’abondance d’où sortiraient tous les cadeaux que l’on puisse désirer. Effectivement, il en fut ainsi et Amalthée passait son temps à retourner la corne qui déversait à ses pieds une profusion de fruits savoureux : figues, raisins, pommes et tout ce qui lui faisait envie.

 

Tous les animaux de la forêt jouaient avec Zeus. Les nymphes et les néréides le couvraient de cadeaux. L’une d’elles, Adrastéia, offrit au petit dieu une balle merveilleuse, faite de cercles d’or. Quand il la lançait, elle laissait derrière elle une traînée lumineuse, comme ces étoiles qui traversent le ciel, ce qui lui procurait une joie folle.

 

Zeus prend la décision de détrôner Cronos

Il y avait un aigle d’une grande sagesse qui affectionnait particulièrement le jeune dieu. Des confins de l’océan il lui rapportait du nectar, le breuvage divin, et lui tenait souvent compagnie en lui racontant des histoires féeriques venues des contrées lointaines qu’il connaissait. Fasciné, le jeune Zeus buvait les paroles de l’aigle dont il tirait de nombreux enseignements au point que nymphes et néréides admiraient cet enfant pour ses connaissances.

 

En grandissant, Zeus devint un beau jeune homme, vigoureux et courageux, premier en vaillance et en savoir. Alors, un jour, l’aigle lui parla de Cronos.

 

– Tu es le fils de Cronos, lui dit-il. Ton père a avalé tes frères et soeurs car il craignait qu’ils ne le détrônent.

 

Lorsque toutes ces terribles choses lui furent révélées et que, ajouté à cela, il apprit qu’au royaume de son père ne régnaient qu’injustice et immoralité, il prit une grande décision : chasser Cronos du trône des dieux.

 

Il quitta alors la Crète en se demandant comment il allait agir quand, au bord d’une rivière, il rencontra le titan Océan. Ce dernier comprit tout de suite qui se trouvait devant lui et ce qu’il cherchait.

 

– Je vais t’aider, lui dit-il. Mais avant toute chose tu dois délivrer tes frères et sœurs qui se trouvent dans le ventre de ton père.

 

Il appela alors sa fille, la sage Océanide Métis, qui connaissait toutes les plantes de la création. Il lui dit qu’il voulait une décoction destinée à Cronos afin qu’il dégurgite les enfants qu’il avait avalés. Métis ne tarda pas à trouver la plante appropriée et à en tirer le breuvage nécessaire.

 

Zeus le versa dans une coupe d’or et réussit, sans dévoiler son identité, à le présenter à Cronos comme étant un vin exquis.

 

Une gorgée suffit. Cronos fut immédiatement pris de fortes douleurs. Il lui devenait impossible de garder davantage les enfants qui se trouvaient dans son ventre et il commença à les rendre à la lumière du jour. Il rejeta d’abord la pierre qu’il avait engloutie en dernier puis, un par un, les cinq superbes petites divinités qui coururent aussitôt étreindre Zeus, leur frère et libérateur. Quand Cronos comprit qu’il avait été dupé, il était déjà trop tard. Les choses, cependant, n’allaient se conclure ni aussi vite, ni aussi facilement.

 

Devant le danger, Cronos fit appel à ses frères, les Titans, tous dotés d’une force phénoménale. Par contre, Zeus, lui, dut attendre que les siens grandissent.

 

Le moment arriva enfin où ils se rassemblèrent pour unir leurs forces et prêter main forte au frère qui les avait délivrés. D’autres dieux aussi se pressèrent pour lui venir en aide. Le premier d’entre eux n’était autre que le grand titan Océan suivi de ses descendants : Pouvoir, Zèle et Victoire. Se joignit encore à lui le fils du titan Japet, Prométhée, un dieu qui aimait beaucoup les hommes. Il reçut également le soutien des Cyclopes, les géants à l’oeil unique. Ce sont eux qui fabriquèrent les éclairs, les coups de tonnerre et les foudres qu’il jetterait sur ses ennemis. Enfin Zeus était sous la protection de l’égide, c’est-à-dire la peau de la chèvre qui le nourrissait dans la grotte Dicté. Cette peau avait le pouvoir magique de protéger celui qui la revêtait. C’est ainsi que « sous l’égide » d’Amalthée, il restait invulnérable.

 

Voyant les préparatifs de Zeus, Cronos regroupa les Titans sur l’Othrys, une montagne couverte d’énormes rochers à l’abri desquels ils pourraient non seulement se mettre mais encore, avec la force prodigieuse dont ils disposaient, s’en servir pour les jeter sur leurs ennemis lesquels, de leur côté, s’emparèrent de la très haute Olympe qui serait désormais leur lieu de retraite où s’élèveraient, plus tard, leurs palais d’or.

 

La Bataille des Titans

Avant que la bataille ne commence, les dieux de l’Olympe se réunirent autour d’un autel, dressé par les Cyclopes, où ils prêtèrent serment de se battre pour un monde plus juste et meilleur, prêts, pour servir cette cause, à verser leur sang de bon gré, sans aucune hésitation et à mobiliser toutes leurs forces jusqu’à la victoire finale. Brandissant alors avec vigueur leurs javelots pointus et poussant un cri de guerre si puissant qu’il en ébranla toute l’Olympe, ils fondirent sur les Titans. Ainsi s’engagea le plus grand combat de tous les temps, la terrible Titanomachie, qui allait durer dix longues années et dévaster la terre entière.

 

Aussitôt, le ciel se remplit de lourdes nuées noires, le jour s’assombrit et un vent fou se mit à souffler comme un typhon et à siffler comme un démoniaque. Les nuages se heurtaient avec violence et grande confusion comme s’ils luttaient eux aussi. Soudain, les terribles coups de tonnerre de Zeus firent trembler la terre alors que des éclairs aveuglants déchiraient le ciel et qu’une tempête de foudres s’abattait sur le camp de Cronos. Ce fut le moment où les Titans empoignèrent de gigantesques rochers qu’ils jetèrent sur leurs ennemis avec une force incroyable mais les dieux Olympiens, que rien ne repoussait, prirent l’Othrys d’assaut et s’affrontèrent aux Titans à grands coups d’épée, de lance et de hargne. Titans et dieux Olympiens se battaient comme des bêtes féroces, comme des enragés. La haine qui existait entre les deux camps faisait de ce conflit une guerre redoutable et sans merci. La terre était secouée de toutes parts, les forêts étaient en feu, la mer bouillonnait et une fumée noire envahissait l’air incandescent.

 

Le bruit de la bataille était effrayant. C’était le grondement des foudres et du tonnerre réunis, le fracas des fers qui s’entrechoquaient et les mugissements de la terre. C’étaient les hurlements d’un vent infernal et les cris sauvages des guerriers déchaînés, si assourdissants que, bien souvent, ils couvraient même les foudres de Zeus. Ce combat féroce entraînait les dieux rivaux tantôt sur l’Othrys, tantôt près de la mer et, parfois encore, au beau milieu de la plaine de Thessalie.

 

Puis les Titans lâchèrent sur leurs ennemis un nuage de vapeur étouffant et parvinrent à les renvoyer chez eux. Pas pour longtemps, cependant. Bientôt les dieux de l’Olympe passèrent à la contre-attaque et ainsi de suite, l’épou-vantable affrontement se reproduisait sans cesse. Terre, ciel et mer n’étaient plus qu’un enfer sans borne dans lequel aucun des adversaires n’arrivait à prendre l’avantage.

 

Enfin, vint le moment où Zeus réussit à libérer ces géants aux cent bras, les terribles Hécatonchires, des entrailles de la terre où Cronos les avait abandonnés car il les craignait. Véritables colosses, les géants se jetèrent dans la bataille. Les Titans résistaient avec un acharnement inimaginable. La terre était tellement secouée que, bien souvent, elle s’ouvrait jusqu’au Tartare. Mais le comble du désastre fut le corps à corps Titans - dieux Olympiens - Géants. Un séisme ravageur se produisit alors. Les montagnes s’effondrèrent dans la mer, la mer déferla sur la terre, les foudres de Zeus fendirent les reliefs et les incendies étaient si grands que les flammes en atteignaient même le soleil. Cette guerre était à ce point dévastatrice que la terre fut précipitée dans le Tartare et que le ciel tomba de tout son haut.

 

C’est à ce rythme que la lutte se poursuivit neuf années durant! Au cours de la dixième, néanmoins, les Titans commencèrent à montrer des signes de fatigue. C’est alors que s’engagea une poursuite infernale par dessus mers et continents. Epuisés, les Titans fuyaient pour échapper à l’assaut furieux de leurs ennemis qui devenait de plus en plus oppressant. Des extrémités de l’océan jusqu’au bout du monde, partout où Titans - dieux Olympiens - Géants passaient, un vent de destruction ravageait tout ce qui restait encore debout. Pour finir, les Titans se retrouvèrent en Grèce, à l’endroit même d’où ils étaient partis. C’est là aussi que tout s’acheva pour eux. Les dieux Olympiens, dans une ultime et violente attaque, leur tombèrent dessus comme des ouragans qui rasent tout sur leur passage. Les Titans, semblables à des fauves qui se débattent dans l’agonie, luttaient avec une furie si grande que terre et ciel ne formaient plus qu’un amas confus, mers et feux se contraient et qui plus est, le jour ne se distinguait plus de la nuit!

 

Et comme si ce désastre absolu ne suffisait pas, trois cents rochers, gros comme des montagnes, que leur jetèrent d’un seul coup les trois géants Hécatonchires, s’abattirent sur leur camp. Au grand jamais un tel séisme n’avait secoué la terre de cette façon. Puis, quand elle cessa de trembler un calme étrange la recouvrit de part en part.

 

La guerre avait pris fin... Les Titans avaient été vaincus...

 

Voici ce que fut la Titanomachie, le plus grand conflit de tous les temps et, aussi fantastique qu’il puisse paraître, il ne nous laisse pas moins imaginer qu’un véritable désastre a réellement eu lieu. Et s’il vous arrive, en parcourant la Grèce, de voir des montagnes coupées en deux ou d’autres qui semblent s’être effondrées dans la mer, souvenez-vous de cette guerre. Il se peut que ces catastrophes, que l’on sait aujourd’hui avoir été provoquées par des séismes et des déluges, aient généré dans l’esprit des hommes d’antan le mythe de la Titanomachie. Mais le mythe ne s’arrête pas là...

 

A l’aide de lourdes chaînes, forgées par les Cyclopes, les dieux Olympiens attachèrent les Titans et les emprisonnèrent dans le très noir et très profond Tartare. Ils en scellèrent les issues avec des portes aussi lourdes qu’énormes, gardées par des sentinelles toujours éveillées, les colossaux géants Hécatonchires.

 

Pour les siècles des siècles les Titans y resteront enfermés ne désirant plus qu’une chose : voir la lumière du jour.

 

Les vainqueurs, eux, se retirèrent sur l’Olympe resplendissant.

 

Ils étaient fiers de leur grande victoire. Pourtant, leurs yeux se troublaient à la vue de cette pauvre terre. Elle était méconnaissable, saccagée, sens dessus dessous. Les dieux avaient beaucoup à faire pour lui redonner tout son éclat et toute sa beauté.

 

Zeus et Typhon entrent en lutte

Les dieux de l’Olympe eurent à peine le temps de goûter leur victoire que, déjà, se manifestait un nouvel ennemi redoutable.

 

La Terre en voulait beaucoup à Zeus et aux autres dieux d’avoir été si durs envers les Titans, ses enfants. Elle s’unit alors au ténébreux Tartare et enfanta un horrible monstre, Typhon ou Typhée, comme on l’appelait encore. C’était un dragon gigantesque qui dépassait en taille les montagnes les plus hautes. Il avait cent têtes, de longues langues noires et des yeux qui lançaient des flammes. Il hurlait sauvagement comme la tourmente emportée dans les gouffres montagneux. D’autres fois encore, il rugissait comme un lion ou mugissait comme un taureau enragé. Il traînait avec lui les orages, les tornades et les ouragans qui balayaient tout sur leur passage. Les dieux étaient terrifiés quand ils se trouvaient face à face avec cet abominable monstre qui fonçait droit sur l’Olympe et un grand nombre d’entre eux, pour y échapper, allèrent se cacher en Egypte. Seul Zeus, que rien n’effrayait, s’abattit sur lui en le frappant sans pitié de sa faucille en diamant. Poussant des cris de douleur, Typhée se sauva à toute allure. Zeus se lança à sa poursuite et, une fois de plus, foudres et tonnerre ébranlèrent la terre entière.

 

Partout où il passait, Typhée semait la catastrophe. Des forêts entières étaient rasées, des rochers déboulaient de toutes parts et des vagues, hautes comme des montagnes, déferlaient sur la terre entraînant avec elles la ruine totale. Un jour, ils se retrouvèrent tous les deux en Syrie.

 

Là, Typhée résista et un terrible combat s’engagea pendant lequel cet horrible monstre parvint à saisir Zeus et à l’enserrer de son corps de serpent. Il lui prit alors sa faucille puis lui coupa et lui arracha les nerfs des jambes et des bras. Le grand dieu, désormais réduit à l’impuissance, s’écroula par terre. Sans attendre, Typhée le chargea sur ses épaules et l’emmena dans une grotte en Cilicie puis, à l’aide d’un rocher, en boucha l’ouverture.

 

Profitant de l’absence du dragon, Hermès se porta au secours du maître du monde. Ce dieu très rusé réussit à dérober les nerfs de Zeus et, avec une grande adresse et beaucoup de patience, les lui remit en place. Quand Typhée s’en rendit compte, il était déjà trop tard. Zeus s’élança et, de ses foudres, le frappa et le brûla impitoyablement. Le monstre se traîna en hurlant et prit la fuite, détruisant à nouveau tout sur son passage.

 

L’horrible Typhée livra un combat désespéré dans les montagnes de Thrace qui se teintèrent en rouge en raison du sang qui coulait de ses blessures. C’est ainsi que fut baptisée Haemos, « sang » en grec, la chaîne de montagnes qui coupe en deux la Bulgarie d’aujourd’hui.

 

Pourchassé, il atteignit finalement la Sicile où Zeus, lançant cent foudres d’un seul coup, réussit à brûler les cent têtes du monstre qui s’effondra lourdement par terre alors que le feu s’enroulait du haut en bas de son corps de serpent. Par mesure de sécurité, le dieu l’écrasa d’une énorme montagne. Les flammes qui dévoraient Typhée, surgirent alors du sommet, donnant ainsi naissance à un volcan.

 

Ce volcan n’est autre que l’Etna, toujours en éveil jusqu’à ce jour car le monstre s’y trouve encore et, souvent, menace et provoque de grandes catastrophes.

 

De nouveau en triomphateur, Zeus revint sur l’Olympe. Tous ses ennemis avaient été vaincus. Les dieux Olympiens pouvaient à présent régner en toute sérénité sur l’univers. La terre dévastée devait reprendre vie et redonner ses fruits. Les hommes devaient retrouver le sourire de la paix. Les dieux se partagèrent donc le monde afin de pouvoir rapidement y rétablir l’ordre.

 

Zeus, le plus grand de tous, prit le ciel sous son autorité, Poséidon prit la mer et Hadès, que l’on nomme aussi Plu-ton, le royaume du Monde Souterrain où vont les âmes des morts. Déméter prit la terre et ses fruits et Héra, reine du ciel, protégeait le mariage et donnait des enfants aux hommes. Beaucoup d’autres dieux vivaient sur l’Olympe mais, au dessus de tous, se tenait Zeus, le « roi des dieux et des hommes ».

 

L’Olympe

Tout là-haut, sur les sommets très élevés de l’Olympe, se trouvaient les palais resplendissants des dieux, les vainqueurs des Titans. Ils étaient entièrement faits d’or, des palais comme le monde n’en avait encore jamais vu. Aussi grands que la grandeur des dieux, ils étincelaient de lumière et de majesté. Trois splendides déesses, les Heures, veillaient sur leurs portes et en écartaient les nuages. C’est ainsi qu’un large ciel bleu se déployait toujours au dessus des palais et que le soleil leur envoyait sans cesse sa lumière dorée sans qu’un nuage ne pût y porter son ombre. Il n’y pleuvait jamais, ne ventait jamais, ne faisait ni chaud ni froid, l’été y était éternel. Il n’y a que lorsque les dieux étaient absents que les Heures expédiaient des nuages jusqu’aux portes pour les dissimuler. Au retour des immortels, les trois déesses dispersaient les nues et les resplendissants palais des dieux retrouvaient tout leur rayonnement doré.

 

Pendant ce temps-là, en contrebas, sur la terre couverte de nuages, l’automne et l’hiver succédaient au printemps et à l’été, malheur et tristesse, eux, au bonheur et à la joie. Il arrivait également que les dieux goûtent à l’amertume mais les peines sur l’Olympe n’étaient que passagères et bien vite la sérénité y régnait de nouveau.

 

La vie des dieux était douce et agréable. Lors des banquets ils dégustaient de l’ambroisie, se délectaient de nectar et se réjouissaient de leur jeunesse éternelle puisqu’ils ne vieillissaient jamais. Les belles Grâces et les jolies Muses les divertissaient de leurs danses et de leurs chants qu’elles exécutaient si plaisamment en se tenant par la main que les dieux, séduits par la grâce et l’harmonie, éprouvaient un contentement infini. A la fin de chaque danse, elles ne manquaient jamais de chanter des hymnes à la gloire du plus grand d’entre eux, le puissant Zeus, le « père des dieux et des hommes. »

 

En vérité, tout un chacun le vénérait comme son père.

 

Zeus, le grand maître de l’univers

Zeus était le plus fort de tous les dieux de l’Olympe. C’était celui qui les avait poussés à écraser Cronos et les Titans, à écraser le mal et l’injustice.

 

Il avait pour femme la très séduisante Héra, reine du ciel. Somptueusement vêtue, resplendissante de beauté et de majesté, elle était assise à sa droite sur un trône d’or et tous les dieux lui manifestaient le respect qui lui était dû.

 

A la gauche de Zeus se tenaient deux autres déesses : Irène, la Paix, qui détestait la guerre et Niké, la Victoire ailée qui aidait le père des dieux à combattre le mal.

 

Zeus, du haut de son royaume céleste, voyait tout et gouvernait tout. Il frappait le mal, instituait des règles et gare à celui qui ne respectait pas l’ordre ou transgressait les lois souveraines. Il suffisait qu’il fronce un peu les sourcils pour que de noirs nuages envahissent le ciel. S’il se mettait en colère, son visage prenait un air menaçant, ses yeux jetaient des étincelles aveuglantes et d’un simple mouvement de la main, foudres et coups de tonnerre déchiraient les cieux et secouaient l’univers tout entier. Tel était le foudroyant Zeus ; telle était sa façon de montrer sa force, de punir ceux qui méprisaient l’ordre et de rappeler aux hommes les lois divines.

 

A l’inverse, lorsque ceux-ci l’honoraient et respectaient sa loi, Zeus leur offrait le soleil vivifiant, la pluie bénéfique et ils jouissaient alors des bienfaits de sa magnanimité.

 

En ce qui concernait l’application des lois et le maintien de l’ordre, il était assisté de l’ensemble des dieux qui accouraient au moindre de ses commandements.

 

Thémis, la déesse de la loi, était toujours aux côtés du maître de l’univers. Elle prenait ses ordres et les transmettait aux hommes sur-le-champ.

 

La déesse Dicé, elle, défendait le droit et haïssait le mensonge. Dès qu’elle voyait la moindre injustice, elle la signalait à Zeus qui seul décidait et alors malheur à celui sur qui tombait la « vengeance céleste ». Il n’y avait pas de pire ni de plus impitoyable châtiment.

 

Si, par contre, le fautif ne tardait pas à se repentir et à demander pardon, Zeus, dans sa miséricorde, ne manquait pas de lui pardonner et les Erinyes, redoutables déesses, cessaient alors de le torturer.

 

C’était encore lui qui dispensait aux hommes les joies et les peines. Deux grandes jarres étaient situées aux portes des palais de l’Olympe. L’une d’elle contenait tous les bienfaits, l’autre tous les maux de l’univers. Zeus y puisait alternativement le bon et le mauvais pour chacun des hommes.

 

Pitié au mortel pour qui le grand dieu ne puisait que dans la jarre des maux! Il était condamné au malheur sans aucun espoir d’y échapper parce que telle était la volonté du dieu des dieux. Heureux, au contraire, celui qui ne recevait que du bien, ce qui était d’ailleurs extrêmement rare, pour ne pas dire impossible. En revanche, pouvait s’estimer satisfait celui à qui était donné autant de joies que de peines. Cruelle destinée que celle des hommes.

 

« Les misères sont pour les mortels puisque les immortels eux-mêmes n’éprouvent pas que des joies mais aussi des chagrins. » Ainsi parlait le tout puissant maître du monde.

 

Si lui distribuait la joie et la peine, les Moires, ses filles, inflexibles déesses, décidaient du destin final des hommes. Zeus n’intervenait jamais dans leur rôle car personne n’avait le droit de transgresser les lois qui déterminent la vie. Pour cette raison, les Moires avaient un pouvoir absolu et il était inutile de les prier, les supplier où encore de leur offrir des sacrifices. Tout le monde devait se soumettre à leurs décisions. La moire Clotho déroulait le fil de la vie de chaque mortel et en fixait la durée. Quand elle le coupait, la vie s’achevait. La moire Lachésis tirait au sort, les yeux fermés, le lot qui échoit à chaque être humain ; telle serait sa destinée, bonne ou mauvaise. Personne ne pouvait changer le destin choisi par les Moires car, sur un long papyrus, leur sœur Atropos inscrivait avec une grande fidélité, sans aucune modification, ce qui avait été fixé pour tout un chacun ; et ce qui était écrit, l’était pour toujours.

 

Telles étaient les Moires. Dures, inflexibles et majestueuses.

 

En dehors de ces déesses impitoyables, il en était une autre sur l’Olympe, bonne et généreuse, qui ne distribuait aux hommes que des bienfaits. Il s’agissait de la déesse du bonheur et de l’abondance, la Chance, la déesse Tyché. Elle tenait une corne entre ses mains. C’était la « corne d’Amalthée » qui s’était détachée de la tête de la chèvre sacrée quand le petit Zeus jouait avec elle. La jolie déesse élancée parcourait le monde, dispersant avec profusion les dons qui sortaient de la corne intarissable. Ses yeux étaient toujours recouverts d’un bandeau et les présents tombaient au hasard sur le juste ou l’injuste, sur le laborieux ou non. Heureux celui qui rencontrait Tyché sur son chemin car elle retournait alors la « corne d’abondance » et une multitude de cadeaux se déversaient sur lui. Peu nombreux, toutefois, étaient ceux qui avaient la bonne fortune de la croiser et les vrais chanceux étaient plus rares encore puisque la richesse, à elle seule, ne suffit pas au bonheur de l’homme.

 

N’oublions pas que Zeus lui-même aidait les mortels de mille façons. Il y avait à Dodone un chêne sacré, couvert de glands délicieux. On dit même que ce furent les premiers fruits dont les hommes goûtèrent. C’est sous ce chêne sacré que se rendaient les mortels qui désiraient consulter le grand dieu. S’ils lui offraient un sacrifice et l’interrogeaient avec dévotion, un léger souffle venait alors agiter le feuillage du chêne d’où se dégageait un murmure. Les prêtres l’interprétaient alors et révélaient aux hommes l’oracle de Zeus. Sa réponse, quelle qu’elle fût, était immédiatement respectée. Jamais personne n’avait refusé de se soumettre au conseil du maître de l’univers une fois reçu par l’Oracle de Dodone.

 

Le lieu le plus célèbre, où les hommes honoraient Zeus, était Olympie. C’est là que se trouvait le plus majestueux temple élevé au nom du dieu Olympien. Tous les quatre ans, la Grèce entière, bien que divisée en nombreuses villes-états, se réunissait à Olympie, dans la fraternité, pour glorifier Zeus et prendre part aux fameux jeux olympiques. Des prêtres messagers annonçaient avec leurs trompettes l’ouverture de ces jeux, aux quatre coins de la terre des Hellènes. Si une guerre était en cours, elle était interrompue et chacun fixait alors son attention sur les victoires à remporter au stade olympique. C’est là que les jeunes athlètes se mesuraient à la course, au saut, au lancer du disque, à la lutte et autres disciplines. Dans l’épreuve de la compétition courtoise, les athlètes faisaient tout leur possible pour être couronnés d’un rameau d’olivier et honorer ainsi leur ville de leur bravoure.

 

Les douze dieux de l’Olympe

De nombreux dieux vivaient sur l’Olympe mais douze étaient les plus importants. Zeus, le premier et le plus puissant d’entre eux, père des dieux et des hommes, régnait en souverain du ciel. Puis venait la vénérable Héra, sa femme, avec son diadème d’or, également reine du ciel et protectrice du mariage et des femmes. S’en suivaient les autres dieux : Athéna, la déesse aux yeux pers, avec sa lance et son casque, dominait sur la raison, les arts et le combat légitime. Apollon, avec sa lyre et ses cheveux d’or, était le dieu de la lumière et de la musique. Le tumultueux Poséidon, armé de son trident, étendait son pouvoir sur les mers. Il y avait encore l’austère Artémis, avec son arc aux flèches infaillibles, la déesse du clair de lune, des forêts et de la chasse ainsi que la ravissante Aphrodite, la déesse de la beauté et de l’amour, accompagnée d’Eros, son fils ailé. On pouvait voir aussi l’habile Héphaistos, le dieu du feu et des forges avec son bâton qui lui servait de canne et l’affligée Déméter, coiffée d’épis dorés, la déesse de la fertilité. Nous n’oublierons pas non plus le vif Hermès aux sandales ailées, le dieu du commerce et le messager de Zeus ni Arès, le sanguinaire, cuirassé dans sa panoplie guerrière, le terrible dieu de la guerre. La paisible Hestia, enfin, coiffée d’une étoffe, était la déesse du foyer.

 

Avec le concours de ces dieux, et de bien d’autres encore, Zeus régnait sur l’Olympe et veillait au respect de l’ordre et des lois dans le monde entier.

 

Les merveilleux mythes qui relatent la vie et les exploits des douze dieux de l’Olympe, nous les racontons dans les chapitres suivants.

 

Nous avons parlé de Zeus et nous en reparlerons. C’est le plus rayonnant des dieux et son nom revient à tout moment dans la mythologie. De ce fait, tout au long des mythes à venir, nous suivrons la vie et l’action du maître des dieux et des hommes.


Excerpted from "Les Dieux de l' Olympe" by Menelaos Stephanides
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